Solar Eclipse 2026

La science

Pourquoi la Lune peut masquer le Soleil

Une éclipse totale de Soleil repose sur une coïncidence cosmique, et sur une géométrie orbitale assez précise pour que chacune puisse être prédite des milliers d’années à l’avance.

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L’éclipse vue de dessus : la Lune glisse entre le Soleil et la Terre, et pendant quelques minutes son ombre transforme le jour en nuit. Animation : UNISTELLAR.

Une coïncidence de taille

Le Soleil est environ 400 fois plus large que la Lune et, à notre époque, il se trouve aussi environ 400 fois plus loin. Depuis la Terre, les deux disques paraissent presque exactement de la même taille, si bien que la Lune peut couvrir précisément la face brillante du Soleil. Aucune autre planète du Système solaire n’a de lune qui le fasse aussi parfaitement. Cela ne durera pas éternellement : la Lune s’éloigne d’environ 3,8 cm chaque année, et dans un futur lointain les éclipses totales disparaîtront.

Pourquoi pas tous les mois ?

La Lune passe entre la Terre et le Soleil chaque mois, à la nouvelle Lune, et pourtant il n’y a pas d’éclipse à chaque fois. C’est parce que l’orbite de la Lune est inclinée d’environ par rapport à la trajectoire de la Terre autour du Soleil : son ombre passe donc le plus souvent au-dessus ou au-dessous de nous. Ce n’est que lorsqu’une nouvelle Lune se produit près de l’un des deux nœuds (là où les orbites se croisent) que l’ombre atteint la Terre. Cet alignement revient par « saisons » d’éclipses, ce qui produit au moins deux éclipses solaires quelque part sur Terre chaque année. Une éclipse totale en un lieu donné, en revanche, reste rare : en moyenne, un point de la Terre attend environ 375 ans entre deux totalités.

Le cycle de Saros

Les éclipses se répètent. Après 18 ans, 11 jours et 8 heures (un Saros), le Soleil, la Lune et les nœuds retrouvent presque la même géométrie et une éclipse très similaire se produit, décalée d’environ 120° vers l’ouest en longitude. L’éclipse du 12 août 2026 appartient à la série Saros 126. C’est en suivant ces cycles que les astronomes cartographient les éclipses des siècles à l’avance.

Pourquoi celle-ci est totale, et brève

L’orbite de la Lune est elliptique, sa taille apparente varie donc. Près du périgée (son point le plus proche de la Terre), elle paraît légèrement plus grande que le Soleil et peut le couvrir entièrement : une éclipse totale. Près de l’apogée, elle paraît plus petite et laisse un anneau brillant : une éclipse annulaire. Le 12 août 2026, la Lune passe à peine deux jours après le périgée : son disque est donc nettement plus grand que celui du Soleil. Si la totalité reste relativement courte, au maximum 2 min 18 s, c’est pour une autre raison : l’éclipse se produit à haute latitude, là où l’ombre frappe la Terre sous un angle rasant et balaie la surface exceptionnellement vite.

Une première depuis une génération pour l’Europe

L’Europe continentale n’avait plus vu de totalité depuis le 11 août 1999. La précédente éclipse totale de l’Espagne remonte à 1905 ; celle de l’Islande à 1954. Pour la plupart des personnes qui l’observeront en 2026, c’est un événement qui n’arrive qu’une fois dans une vie, depuis leur propre pays.

Les prochaines éclipses

  • 2 août 2027 : fait remarquable, moins d’un an plus tard, une autre éclipse totale traverse le sud de l’Espagne, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, avec plus de 6 minutes de totalité près de Louxor, en Égypte : l’une des plus longues du siècle.
  • 12 août 2026 → 2027 : deux éclipses d’août consécutives font de l’Espagne le pays le mieux placé au monde pour la totalité deux années de suite.

Les éclipses côté science

La totalité est l’une des rares occasions d’étudier depuis le sol la faible couronne solaire, et le changement brutal de lumière permet aux chercheurs de sonder la haute atmosphère et même le comportement animal. Le réseau UNISTELLAR, en partenariat avec le SETI Institute, transforme une communauté de plus de 15 000 astronomes citoyens en un observatoire distribué. Découvrir l’astronomie citoyenne.